le maire

60e Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc

Discours prononcé le 19 mars 2022

Monsieur le Député,
Madame la Sénatrice,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames, messieurs les élus, chers collègues
Messieurs les anciens combattants, messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs les membres des associations patriotiques,
Mesdames, messieurs,
Chers concitoyens, chers amis,

60 ans nous séparent de la fin de la guerre d’Algérie et je dois vous dire l’émotion qui m’étreint.
Je voudrais m’adresser à vous Messieurs qui avez combattu sous l’uniforme de notre pays, combattu dans un conflit qui nous semble aujourd’hui hors d’âge et éculé.
Vous aviez quel âge ? Vingt ans peut-être ? L’âge de tous les futurs, de toutes les envies, de tous les rêves…
Car si les années passent et que les souvenirs s’estompent, il ne faudrait pas oublier que le 11 mars 1956 le gouvernement de l’époque votait une loi «habilitant le gouvernement à prendre toutes mesures exceptionnelles en vue du rétablissement de l'ordre» et dès le lendemain du décret d’application de cette loi, en Algérie, les libertés individuelles furent suspendues et le gouvernement céda aux généraux en rappelant les réservistes. Scellant ce jour-là le sort d’une partie de la jeunesse française.
Vous qui aviez l’insouciance de votre jeunesse, vous qui aviez tous l’avenir devant vous, aviez-vous choisi de traverser la Méditerranée ? Aviez-vous choisi d’endosser l’uniforme et de porter les armes ?
Pourtant ce qui fut longtemps appelé les « événements d’Algérie » aura brisé bien des destins, des familles et quelque part, laissé une trace indélébile dans le cœur de chacun d’entre vous, de chacun d’entre nous.
La Guerre d’Algérie, car il faut l’appeler ainsi, ce sont aussi des chiffres.
Permettez-moi d’en faire une courte liste : 1 500 000 soldats mobilisés, sans oublier les 90 000 harkis qui choisirent le camp de la France, 25 600 soldats tués, 65 00 blessés, 50 000 harkis morts ou disparus, 13 722 victimes civiles…
Parmi ce million de soldats, vous ! Vous qui êtes là aujourd’hui pour témoigner des horreurs d’un conflit fratricide, d’un conflit qui ne vous appartenait pas, que vous n’aviez pas choisi.
Là, où vos pères s’étaient battus durant la Seconde Guerre mondiale, espérant vous offrir des lendemains de paix et de liberté, voilà que vous étiez projetés loin de la France dans des contrées souvent inconnues pour la grande majorité d’entre vous, combattants dans les Aurès, dans les monts du Djebel où dans les Oueds, un ennemi organisé et entraîné.

Il y a quelques mois, le rapport Stora émettait 22 propositions pour tenter de réconcilier deux peuples. Même si ce rapport est controversé, il faut saluer un premier pas de notre pays et nous faisons le souhait que l’Algérie en fasse de même.
Car aujourd’hui, ce temps de mémoire est important, voilà 60 ans que les belligérants mirent fin aux combats. Mais dans vos cœurs, ceux des harkis ou des Pieds-Noirs la guerre est-elle réellement finie ?
N’est-il pas temps, comme nous avons su le faire l’Allemagne, de trouver le chemin de la réconciliation ? Trouver le chemin du retour au pays pour ceux qui le souhaitent ? que les portes entre les deux rives de notre mer s’ouvrent sans devoir justifier de son passé individuel ou familial ?
Bien sûr, nous devons hier comme aujourd’hui ouvrir les portes des archives pour que les historiens Algériens ou Français puissent faire le travail nécessaire et que chacun puisse comprendre ces événements, puisse pardonner et préparer enfin, 60 ans après, un chemin commun.

Il est temps de permettre aussi à ceux qui auront tout abandonné de pouvoir retourner se recueillir sur les tombes de leurs familles, de reconnaître que les Pieds-noirs de 1962 n’étaient pas les colons dépeints par l’idéologie de certains, de rappeler que ces derniers étaient soit des descendants de la répression judiciaire de la Commune de Paris ou des Alsaciens et des Lorrains fuyant l’annexion de leurs départements par les Prussiens au lendemain de la guerre de 1870.

Vous aviez vingt ans, pleins de rêves, et je voudrais rendre hommage aux huit Castelvirois dont les rêves se sont brisés au coin d’une dune, à l’angle d’une rue d’Alger ou d’Oran et dont nous rappelons la mémoire chaque année.
Vous aviez vingt ans, et je dois dire la fierté de pouvoir être à vos côtés aujourd’hui pour ce devoir de mémoire si indispensable, si nécessaire, encore plus indispensable quand le bruit des bottes et des canons se fait entendre de 2000 kilomètres de nous…
Hier comme aujourd’hui, il est nécessaire de rappeler que le droit à l’indépendance, à l’autonomie ne doit plier pas sous le joug d’intérêt particulier.
Ce devoir de mémoire, messieurs, nous vous le devons encore plus car vous êtes là pour nous rappeler que rien ne justifie le sacrifice suprême si ce n’est que de défendre nos libertés et la paix.


Cette cérémonie a encore plus d’écho ce jour car nous devons avoir une pensée pour les Ukrainiennes et Ukrainiens qui se battent à cette heure même pour leur indépendance et leurs libertés.
Aussi je souhaiterais conclure en citant Victor Hugo qui écrivait « Et de l'union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et que l'on appellera la paix de l'Europe. »
Vive la Paix,
Vive l’Europe
Vive la France
Vive-Viry-Chatillon

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