le maire

Journée nationale d'hommage aux "Morts pour la France" pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie

Discours prononcé le 5 décembre 2021

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

La volonté de l’Etat a voulu que deux dates commémoratives rappellent la tragique histoire de la Guerre d’Algérie, je voudrais rappeler que peu importe la date, peu importe les raisons qui ont décidé à ces différents moments mémoriels, il ne nous appartient pas de refaire l’Histoire, encore moins de la réécrire.

Par contre, il nous appartient loin de toutes considérations politiques, de rendre hommage à ceux dont le destin aura été brisé au nom de la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.

Certains parmi nous ont vécu ces combats qui ont éclaté en Algérie entre 1954 et 1962 ; certains portent encore dans leurs corps, dans leur cœur et dans leurs âmes les cicatrices de ce conflit fratricide qui a déchiré tant de familles et tant d’amitiés.

Envoyés au front, nos engagés comme nos appelés, souvent de bien jeunes hommes qui quittaient la France pour la première fois, ont servi avec honneur, grandeur et humilité notre pays. 59 ans après, ces hommes portent, vous portez, encore aujourd’hui le poids des souvenirs, parfois terribles, de ces heures sombres.

Oui, ils ont connu l’horreur d’une guerre qui ne portait pas son nom, le silence avant les combats, la peur qui cisaille le ventre, l’odeur du sang versé et les larmes de douleurs des blessés.

Et à leur retour en métropole, que pouvaient-ils raconter de ce qu’ils avaient vu, vécu et entendu ? Que pouvaient-ils dire à leurs familles et aux nouvelles générations de cette guerre d’un autre temps : la glorifier, la mystifier ou l’oublier, eux qui l’avaient vécu au plus profond de leur être ?

L’histoire nous apprend que, malgré la signature des accords d’Evian le 19 mars 1962, la bataille fait toujours rage en Algérie au lendemain du cessez-le-feu : tandis que nos soldats, nos appelés et nos concitoyens quittent le pays dans la précipitation, des représailles et des exactions ont lieu sur l’ensemble du territoire.

Je pense particulièrement au sort qui fut réservé aux Harkis, à ces hommes qui ont choisi de rejoindre les rangs de la France et qui, au sortir de la guerre, ont été considérés comme des traîtres en leur propre pays et rejeté par la France, eux qui lui avaient tout donné.

Certains ont réussi à rejoindre la métropole, parfois seuls, parfois accompagnés de leurs femmes et leurs enfants, mais dans quelles conditions ont-ils été accueillis ?

Dans des hameaux de forestage, dans des camps de transit, dans des cités d’accueil. Ils ont été installés en marge des villes, à la périphérie, dans des conditions bien précaires. Ce qui devait être temporaire dura plusieurs années tandis que les fantômes de la guerre d’Algérie hantaient encore celles et ceux qui avaient traversé la Méditerranée.

Notre devoir aujourd’hui est de ne pas oublier les sacrifices faits par ces hommes qui, tout juste sortis de l’adolescence, ont été envoyés de l’autre côté de la Méditerranée.

Les sacrifices aussi faits par ceux qui ont choisi la France sur le territoire algérien, malgré les risques de représailles.

N’oublions pas également le déchirement vécu par des milliers de français qui avaient grandi sur le sol algérien et qui

ont dû rejoindre une métropole dont ils ne connaissaient que le nom.

Aujourd’hui, ainsi que nous l’avons fait avec le peuple Allemand, l’heure est à la paix, à l’apaisement et à la réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée. De part et d’autre, le devoir de mémoire prévaut, tant le 19 mars, que le 25 septembre et aujourd’hui même. Ce travail de mémoire se poursuit grâce aux travaux des historiens que je veux saluer ici, mais aussi, grâce aux témoignages de celles et ceux qui ont vécu cette guerre.

Messieurs les porte-drapeaux, vous qui avez porté les couleurs du drapeau français, défendu les valeurs de notre pays, servis avec honneur notre patrie, je veux vous dire ma reconnaissance ;

Je veux aussi vous dire le rôle essentiel de transmission et de passation que vous avez vis-à-vis de nos jeunes

générations qui, bien qu’ultra-connectées, ont beaucoup à apprendre de votre histoire, de notre histoire.

Vive Viry-Chatillon,

Vive la République,

Vive la France.

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